40% des fumeurs ont déjà essayé d’arrêter de fumer, sans y réussir. Il existe pourtant de nombreuses méthodes pour les aider à quitter le tabac.
Sont-elles efficaces ? Comment repérer celles qui sont sérieuses ? Lesquelles faut-il éviter ?
On ne va pas se mentir : il n’y a pas besoin de chiffres pour savoir qu’arrêter de fumer, c’est dur. Très dur.
Et les chiffres le confirment : parmi les fumeurs qui tentent d’arrêter de manière traditionnelle (arrêter du jour au lendemain), seul 3 à 4% réussissent.
Décourageant ? Oui et non, parce qu’il y a aussi des bonnes nouvelles :
- Plus on essaye, plus on y arrive : un échec, c’est aussi un apprentissage, et la prochaine fois, on aura plus de chances de réussir.
- Il existe des méthodes qui augmentent (beaucoup) vos chances de réussir.
Reste à savoir si toutes ces méthodes se valent.
Nous avons consulté les nombreuses études qui ont évalué leur efficacité pour faire le tri.
Les principales sources de cet article sont listées dans le dernier paragraphe.
L’essentiel à retenir sur les méthodes de sevrage
Nous présentons ici tous les types de méthodes : presque toutes ont un intérêt, mais elles ne sont pas égales pour autant.
Si l’on considère leur taux de réussite mesuré objectivement à 6 mois par des études, elles peuvent se classer en 3 catégories :
Les méthodes validées par les études
Les études montrent que ces méthodes ont un taux de réussite 2 à 8 fois plus important que l’arrêt sans aide, et qu’elles gagnent à être combinées, sur conseil d’un(e) professionnel(le). Ce sont les approches à privilégier :
- Les substituts nicotiniques
- La cigarette électronique,
- Les médicaments (en 2° intention et avec suivi médical),
- Le suivi psycho-sociologique (y compris le mois sans tabac).
Les méthodes aux effets placébo
De nombreuses méthodes n’ont pas d’efficacité par elles-mêmes, mais induisent un effet placébo : si vous adhérez à leur logique, elles peuvent renforcer vos chances de réussir. Leur taux de réussite n’est toutefois jamais supérieur au taux des pratiques validées.
Elles peuvent compléter les pratiques validées sans inconvénient :
- Hypnothérapie, homéopathie, auriculothérapie.
- Méditation en pleine conscience, sophrologie, réflexologie.
- Astuces diverses.
Les méthodes non efficaces, voire trompeuses
Ce sont des techniques dont l’examen montre qu’elles ne sont pas efficaces, voire qu’elles sont en fait trompeuses ou nocives.
Ces approches sont à éviter :
- Cigarettes sans tabac (nocivité égale à la cigarette)
- Pailles en acier (aucun effet)
Quelle est l’approche la plus efficace ?
C’est une combinaison de 2 méthodes :
- La cigarette électronique (4 à 8 fois plus efficace que l’arrêt simple)
- Avec un suivi par un(e) Tabacologue (un suivi augmente toujours vos chances de réussite)
Attention, cela ne veut pas dire que c’est la meilleure approche pour vous.
C’est la meilleure en moyenne, mais aucune méthode de marche à 100% avec tout le monde.
Les meilleures approches sont toujours :
- Une combinaison de méthodes
- Qui conviennent à vos habitudes, à votre contexte, et à votre manière de voir les choses.
Par exemple, si vous n’aimez pas la cigarette électronique, quelle que soit la raison, ce n’est pas une bonne méthode pour vous.
Et ce n’est pas grave, il y en a d’autres.
Vous pouvez parcourir la suite de cet article pour en savoir plus, ou sauter directement vers une section qui vous intéresse avec le sommaire.
À la fin de l’article, vous pouvez aussi consulter de nombreuses sources scientifiques.
Les méthodes pour arrêter de fumer sans aide
Ce sont les approches les plus classiques, que tous les fumeurs connaissent et anticipent avec plus ou moins de sérénité. Il y a deux variantes principales de cette démarche : l’arrêt franc et l’arrêt progressif.
L’arrêt franc
L’idée est simple : un jour, vous arrêtez de fumer d’un coup. C’est raide, vous savez que vous allez en baver pendant quelques semaines, et vous espérez que cela ira progressivement mieux.
L’arrêt progressif
Cette fois, vous vous efforcez de diminuer progressivement votre consommation de cigarettes, avant d’arrêter de fumer définitivement.
Cette méthode semble pouvoir adoucir la difficulté de l’arrêt complet, mais les études ne montrent pas une augmentation du taux de réussite après 6 mois.
Ces deux méthodes sont les plus traditionnelles, puisque c’était quasiment les seules possibles avant les années 80/90, avec l’arrivée des substituts.
Le taux de réussite de l’arrêt sans aide est seulement de 3 à 4% après 6 mois.
Mais il augmente au fil des tentatives : plus vous tentez d’arrêter, plus vous avez de chance de réussir.
C’est un des messages essentiels des organisations de lutte contre le tabagisme.
Cela peut ressembler à une pirouette, mais il se base sur une expérience réelle.
La dépendance tend des pièges.
En effet, en essayant d’arrêter pour la première fois, un fumeur s’expose à toutes les difficultés, à tous les pièges sans pouvoir les anticiper :
- Remettre son arrêt au lendemain, parce que ce n’est pas le bon moment.
- Reprendre une cigarette parce qu’on a du mal à gérer le manque dans la journée, ou le matin, ou le soir.
- Arrêter pendant plusieurs mois et reprendre bêtement après une soirée un peu arrosée, ou un moment difficile dans la vie.
L’expérience permet de mieux éviter ces pièges.
Les fumeurs qui ont déjà essayé ont pu identifier, avec l’expérience, ces situations qui les amènent à rechuter.
Ils se font de moins en moins piéger, et réussissent mieux à tenir leur ligne.
Ils augmentent donc leur chance de réussir au fil de leurs tentatives : les fumeurs doivent se donner du temps pour réussir.
Pourquoi est-ce si difficile ?
Objectivement en effet, la dépendance physique à la nicotine disparaît assez vite : entre 2 et 4 semaines.
Cette dépendance explique la difficulté d’arrêter de fumer pendant les premières semaines, mais elle n’explique pas les rechutes plus tardives.
Or, beaucoup de fumeurs suivant cette méthode classique reprennent leur consommation après quelques mois d’abstinence.
C’est que dans la réalité, il n’y a pas que la dépendance chimique. Nous fumons aussi des cigarettes pour d’autres raisons, que l’on peut classer en 3 catégories :
- psychologiques : à quoi vous servent vos cigarettes dans la régulation de nos humeurs ou de nos difficultés personnelles
- sociales : il y a des fumeurs autour de nous, qui vous influencent
- comportementales : on a l’habitude d’en griller une automatiquement face à certaines situations banales (café, fin de repas…), ou exceptionnelles (difficulté, stress, fatigue…)
Et ça, ce n’est pas en quelques semaines que cela se résout.
Quand les tabacologues élaborent un plan d’action avec leurs patients, ils prévoient entre 6 mois et 2 ans pour considérer que l’arrêt sera solide.
Les méthodes pour arrêter de fumer avec des substituts nicotiniques
Les substituts nicotiniques ont été inventés dans les années 1970 par un chimiste Suédois, Ove Fernö, sur la base d’une intuition : c’est la nicotine qui crée l’addiction, et qui donne envie de craquer pour une cigarette. Les fumeurs ont donc du mal à perdre l’habitude d’allumer une cigarette parce qu’ils ressentent un besoin de nicotine.
En gardant une consommation de nicotine :
- Il est plus facile de ne pas craquer pour une cigarette
- En ne fumant plus de cigarettes, on évite les risques de la fumée, et on perd plus facilement cette habitude
- Il est plus facile de diminuer progressivement sa consommation de nicotine après avoir perdu l’habitude de fumer
Il existe aujourd’hui différentes sortes de substituts nicotiniques, comme les patchs, les gommes à mâcher, les inhalateurs et les cigarettes électroniques. Chacun a ses intérêts et ses limites, et les spécialistes préconisent souvent d’utiliser 2 types de substituts complémentaires pour aider les fumeurs à rester abstinents.
Les patchs ou timbres de nicotine
Les Patchs sont des sortes d’autocollants à coller sur la peau. Ils diffusent de la nicotine progressivement pour éviter au fumeur de ressentir un manque.
Ils existent en différentes concentrations pour s’adapter à la consommation de cigarette de chaque fumeur, et se changent une fois par jour. Le patch maintient un taux de nicotine constant, ce qui permet d’éviter en grande partie besoin de fumer, mais pas le craving (l’envie soudaine et puissante de fumer).
Les fumeurs sont en effet habitués à recevoir un pic important de nicotine lorsqu’ils fument, que le patch ne reproduit pas. Il est donc conseillé de compléter les patchs avec un substitut à action plus rapide et ponctuelle.
Les gommes à la nicotine
Les gommes sont des sortes de chewing-gums qui délivrent une quantité de nicotine fixée, qui correspond à une cigarette.
Ici, comme avec une cigarette, vous prenez de la nicotine quand vous en avez besoin.
La nicotine base n’agit pas aussi vite que celle des cigarettes, il vaut donc mieux anticiper vos besoins, pour ne pas être tentés de craquer en cas de craving.
Les inhalateurs de nicotine
Les substituts existent aussi sous des formes à inhaler, par exemple des sprays ou des inhalateurs. Comme les gommes, ils permettent de faire face à une envie pressante pour ne pas être tenté par une cigarette, et ils agissent plus vite que les gommes.
Par contre, ces aérosols n’ont pas de goût, leur inhalation n’est donc pas très agréable, même si elle est efficace.
La cigarette électronique
La cigarette électronique est en fait une variante des inhalateurs de nicotine.
Comme un inhalateur, elle permet au fumeur de consommer de la nicotine pendant un certain temps, pour ne pas ressentir de manque, puis de diminuer progressivement. Elle a aussi 2 atouts qui plaisent aux vapoteurs :
- D’abord, la vapeur qu’elle produit donne des sensations plus proches de la fumée d’une cigarette, ce qui est une aide, en particulier au début.
- Ensuite, cette vapeur est parfumée. Rapidement, le goût des e-liquides est plus agréable que celui de la fumée.
Au final, elle peut offrir des sensations plus satisfaisantes aux fumeurs, qui sont alors moins tentés de prendre une cigarette.
C’est aussi l’une des critiques que l’on peut faire à la cigarette électronique : certains pensent que cet agrément peut être une incitation à vapoter, et que les vapoteurs ne font que transférer leur dépendance de la cigarette à la vaporette.
Plus objectivement, les études montrent que la cigarette électronique et ses e-liquides sont 4 à 8 fois plus efficaces que les autres substituts.
Depuis leur apparition dans les années 80, les substituts nicotiniques sont une aide décisive pour les personnes qui souhaitent s’arrêter de fumer. La cigarette électronique, elle, s’est popularisée rapidement à partir de 2010 en France.
- Les études montrent que ceux qui font appel à des substituts ont 2 fois plus de chance de réussir que des fumeurs qui reçoivent des placébos, ou qui arrêtent sans aide.
- D’autres études montrent que la cigarette électronique est 2 fois plus efficace que les substituts nicotiniques classiques,
- Elle est aussi jusqu’à 4 fois plus efficace que les substituts, pour les personnes qui n’ont pas réussi à s’arrêter avec les substituts classiques.
On peut reprocher aux substituts, et en particulier à la cigarette électronique, de maintenir la dépendance des anciens fumeurs à la nicotine. C’est en effet le cas, et c’est un choix délibéré, momentané et validé par les professionnels de santé dans une logique de réduction des risques, et pour augmenter les chances de réussite :
- La nicotine est un alcaloïde qui crée une dépendance, c’est elle qui donne envie de fumer une cigarette, ou de vapoter.
- Mais la nicotine n’est pas nocive, ce sont les composants de la fumée du tabac qui augmentent le risque de cancer, de maladie cardiovasculaire, et d’insuffisance respiratoire.
- Si le fait de continuer à en consommer permet aux fumeurs d’abandonner plus rapidement et plus durablement la cigarette, alors c’est une opération gagnante, à condition bien sûr de supprimer progressivement la nicotine à la fin du sevrage.
Au final, il est important de noter que la vapoteuse est un outil d’aide au sevrage, pas une remplaçante de la cigarette.
Le but est d’arrêter de fumer, puis d’arrêter de vapoter.
Les méthodes pour arrêter de fumer avec des médicaments
Il s’agit cette fois de consulter un médecin, pour qu’il vous accompagne et vous prescrive éventuellement un traitement médicamenteux qui vous aide à arrêter de fumer. Cette méthode est toujours proposée en deuxième intention, c’est-à-dire si d’autres méthodes n’ont pas été efficaces pour vous.
Il existe principalement deux traitements utilisés en France, le buproprion (Zyban©) et la varénicline (Champix©).
Le buproprion
Commercialisé en France sous le nom de Zyban©, c’est à la base un anti-dépresseur. Il diminue les symptômes de manque et l’envie de fumer en agissant sur certains neurotransmetteurs, et notamment sur le système de la dopamine.
En moyenne, le Bupropion double les chances de réussite, comme les substituts. Il peut toutefois provoquer des effets secondaires et doit être utilisé sous la surveillance d’un médecin (insomnies dans 30 à 40% des cas).
La varénicline
Commercialisée en France sous le nom de Champix©, elle diminue les symptômes de manque et réduit le plaisir de fumer, en se fixant sur les récepteurs à la nicotine présents dans le cerveau.
La varénicline est plus efficace que le bupropion chez la plupart des patients : elle double ou triple les probabilités de réussite. Comme la cigarette électronique, elle est donc plus efficace que les substituts.
Ce médicament provoque des effets secondaires variés chez 10% des patients, qui vont de troubles du sommeil à des états anxieux. Il doit donc être utilisé sous la surveillance d’un médecin.
Selon les études scientifiques, ces médicaments augmentent les chances de réussir son sevrage, au moins autant que les substituts (un peu plus pour la varénicline).
Leur efficacité est encore renforcée en les associant à un substitut nicotinique au début du sevrage.
Attention : ces médicaments provoquent parfois des effets secondaires, il est donc important de maintenir le suivi médical pendant le sevrage.
Les accompagnements pour arrêter de fumer
Arrêter de fumer n’est pas facile, et le faire seul, ou dans un environnement qui n’est pas toujours porteur, renforce la difficulté. En France, la Haute Autorité de Santé (HAS) conseille vivement aux fumeurs de se faire accompagner par un professionnel de santé : Médecin, Tabacologue, Psychologue…
À noter : lorsqu’ils sont prescrits par un(e) médecin ou un(e) tabacologue, les substituts nicotiniques sont pris en charge à 65% par la sécurité sociale, et votre mutuelle peut rembourser la part restante.
Les Médecins traitants :
Comme il ou elle vous connaît bien, votre médecin peut être bien placé(e) pour vous aider à arrêter de fumer :
- sur le plan médical : votre médecin est qualifié(e) pour vous conseiller les approches adaptées en fonction de vos antécédents
- sur le plan psychologique : s’il est formé, votre médecin peut vous accompagner dans les étapes de votre parcours
Les Tabacologues :
Les tabacologues sont des professionnels de santé, qualifiés pour accompagner et conseiller les fumeurs dans leur sevrage tabagique. Pour ce faire, ils ont obligatoirement suivi une formation spécialisée, sur la base de leur qualification d’origine (médecine, pharmacie, psychologie, infirmier, de sage-femme…).
Ils peuvent vous aider dans toutes les phases de votre parcours de sevrage du tabac :
- Prescription de substituts (avec prise en charge par la sécurité sociale)
- Aide psychosociale, individuellement ou au travers de groupes de parole.
Le Mois sans tabac
Le mois sans tabac est un évènement créé par le Ministère de la Santé en France, sur le modèle du Stoptober Britanique.
Durant le mois de novembre, une grande opération de communication est organisée pour inciter les fumeurs à tenter l’expérience de ne pas fumer pendant au moins un mois.
Un site web élaboré par Santé Publique France et Tabac Info Service accueille les participants et leur propose de l’aide :
- De nombreux conseils, pour préparer son arrêt et pour le réussir
- Un document téléchargeable : le kit d’aide à l’arrêt en 40 jours
- Un accompagnement gratuit (e-coaching) avec l’application Tabac info service sur smartphone.
- Un suivi téléphonique gratuit avec un tabacologue
- Un soutien collectif sur leur page Face Book
Les Consultations addictions (CSAPA)
Dans chaque département, il existe un Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie. Ils ne s’adressent pas seulement aux fumeurs, mais à toute personne en difficulté avec ses consommations, quelles qu’elles soient, alcool, tabac, cannabis, opiacés… pour leur offrir un accompagnement sur mesure qui peut être psychologique, social, éducatif, médical et psychothérapeutique suivant les besoins.
La consultation est anonyme, ce qui peut être important, notamment pour les mineurs.
Les Psychologues
Certains psychologues accompagnent les fumeurs dans le cadre de thérapies cognitives et comportementales (TCC). Leur but est d’aider les patients à changer de fonctionnement face aux comportements d’addictions, aux habitudes et modes de pensée dysfonctionnelle.
Cet accompagnement est assez similaire à celui des tabacologues, mais il peut être plus profond pour les personnes qui savent bien que, au travers de leur addiction à la cigarette, elles gèrent des difficultés psychologiques ou existentielles.
Les études scientifiques démontrent que le soutien comportemental des fumeurs est toujours efficace, il augmente les chances de réussite durable de l’arrêt du tabac.
Cela reste vrai quelle que soit la méthode d’arrêt choisie par ailleurs (arrêt franc ou substituts) : il donne toujours des chances supplémentaires de réussite.
Les méthodes alternatives pour arrêter de fumer
Il existe de nombreuses autres propositions de démarches visant à aider les fumeurs à quitter le tabagisme. Nous les regroupons ici sous le terme « alternatives », parce qu’elles ne sont pas aujourd’hui validées par la science :
- Soit elles n’ont pas été étudiées dans des conditions valides et contrôlées.
- Soit elles ont été étudiées, et elles n’ont pas démontré plus d’efficacité qu’un placebo.
- Soit elles sont abusives et cherchent à ne surtout pas être évaluées objectivement
Ces alternatives sont très nombreuses, et nous ne pouvons pas toutes les citer ici. En voici quelques exemples connus.
L’hypnothérapie
L’hypnose vise à réduire l’envie de fumer et augmenter le désir d’arrêter au travers d’une ou 2 séances de suggestion.
L’hypnose médicale a fait l’objet d’assez nombreuses études, qui tendent à montrer son intérêt thérapeutique dans certains domaines. L’Inserm cite par exemple « l’anesthésie ou la colopathie fonctionnelle (colon irritable) », mais considère « les données actuelles insuffisantes, voire décevantes, dans d’autres indications comme le sevrage tabagique ou la prise en charge de la douleur lors de l’accouchement ».
L’homéopathie
L’homéopathie propose plusieurs produits qui visent à aider les fumeurs à calmer l’envie de fumer ou réduire les effets du manque, basés sur ses principes de base : principe de similitude et principe d’infinitésimalité.
Les données scientifiques tendent toutefois à démontrer que, de manière générale, les traitements homéopathiques ne sont pas plus efficaces que des placébos.
À ce titre les médicaments homéopathiques ne sont plus remboursés depuis le 1er janvier 2021, suite à l’avis défavorable de la Haute Autorité de santé (HAS) en 2019.
L’auriculothérapie
L’auriculothérapie vise à provoquer une sensation de dégoût réflexe face à la cigarette. Elle consiste à poser une aiguille, un fil ou une agrafe sur l’oreille.
Elle est proche d’autres approches parfois utilisées aussi, comme l’acupuncture, l’acupression, la thérapie au laser ou l’électrostimulation.
Dans tous les cas, les méta-analyses de Cochrane et de l’Inserm débouchent sur la conclusion « qu’il n’y a pas de preuves pour affirmer que (ces pratiques) soient des interventions efficaces pour le sevrage tabagique« .
L’acupuncture par exemple, est moins efficace que les gommes à la nicotine.
Cigarettes sans tabac
Les cigarettes sans tabac et sans nicotine sont composées de plantes à fumer (eucalyptus, chanvre, voire cbd).
Elles sont promues sur la base d’une idée fausse, qui prétend que ce qui est dangereux dans une cigarette, c’est la nicotine. En éliminant celle-ci, on réduirait donc les risques.
Pourtant, la science a bien démontré que c’est la fumée qui est toxique, pas la nicotine. Ce sont les goudrons, le monoxyde de carbone et les nombreuses molécules chimiques qu’elle contient qui provoquent un risque de maladie grave.
La nicotine elle-même n’est pas toxique, raison pour laquelle la vente de substituts nicotinique est légale.
Prétendre qu’une cigarette sans tabac est moins nocive qu’une cigarette de tabac est donc clairement un mensonge. La vente des cigarettes sans tabac en pharmacie est d’ailleurs interdite en Europe depuis 2006, les études ayant prouvé que la fumée de toute plante est aussi nocive que celle du tabac.
Aujourd’hui, il existe un vide juridique concernant les cigarettes au CBD. Le CBD étant autorisé, certaines marques commercialisent des cigarettes au CBD, en les présentant comme moins nocive. C’est faux.
Le tabac chauffé
L’industrie du tabac a mis au point une sorte de cigarette électronique qui fait chauffer des capsules de tabac. Le tabac n’est donc pas brûlé, ce qui, dans le principe, diminue la présence de goudrons, de monoxyde de carbone et de produits chimiques créés habituellement par la combustion.
Par contre, aucune étude indépendante ne montre une franche augmentation les chances de réussir son sevrage du tabac avec ces dispositifs.
Les seules études positives sont celles des fabricants, elles ne sont donc pas indépendantes et peuvent être biaisées.
Les pailles en acier et les astuces
Depuis quelques années, différentes solutions de type « astuces » sont proposées pour aider les fumeurs à quitter la cigarette. L’une d’elles est actuellement une paille en acier, dans laquelle on aspire de l’air, comme avec une cigarette. On parle aussi de croquer une pomme, de mettre ses avant-bras sous l’eau bien froide, de boire un grand verre d’eau ou de prendre trois inspirations profondes.
Si certaines de ces astuces peuvent en effet être une aide face au craving (l’envie pressante de fumer, qui dure quelques minutes avant de passer), aucune étude ne démontre leur efficacité pour aider les personnes à réussir leur sevrage à long terme. Ce sont au mieux des aides ponctuelles, et au pire, si elles coûtent de l’argent, ce sont des attrape-nigauds.
Livres à succès, sophrologie, réflexologie, thérapie laser, lithothérapie, les disciplines qui prétendent pouvoir aider les fumeurs à décrocher sont légions.
En dehors de celles qui sont mensongères (cigarettes sans tabac, pailles…), ces approches ne font pas de mal, elles peuvent même aider les fumeurs.
Simplement leur efficacité éventuelle n’est pas due à la méthode elle-même, mais au fait que les personnes y croient : c’est un effet placébo
Ces approches ne peuvent donc pas être conseillées, à la différence de celles qui font la preuve de leur efficacité réelle : les substituts nicotiniques, les médicaments (sous contrôle médical), et les accompagnements psycho-sociologiques.
Ce que vous pouvez retenir sur les méthodes d’arrêt du tabac
Il existe d’innombrables manières d’arrêter de fumer. En dehors de la méthode classique (arrêter sans aide), elles peuvent se classer en 3 catégories, si l’on considère leur taux de réussite à 6 mois :
Les méthodes validées par les études
Les études montrent que ces méthodes ont un taux de réussite 2 à 8 fois plus important que l’arrêt sans aide, et qu’elles gagnent à être combinées, sur conseil d’un(e) professionnel(le). Ce sont les approches à privilégier :
- Les substituts nicotiniques
- La cigarette électronique,
- Les médicaments (en 2° intention et avec suivi médical),
- Le suivi psycho-sociologique (y compris le mois sans tabac).
Les méthodes aux effets placébo
De nombreuses méthodes n’ont pas d’efficacité par elles-mêmes, mais induisent un effet placébo : si vous adhérez à leur logique, elles peuvent renforcer vos chances de réussir. Leur taux de réussite n’est toutefois jamais supérieur au taux des pratiques validées.
Elles peuvent compléter les pratiques validées sans inconvénient :
- Hypnothérapie, homéopathie, auriculothérapie.
- Méditation en pleine conscience, sophrologie, réflexologie.
- Astuces diverses.
Les méthodes non efficaces, voire trompeuses
Ce sont des techniques dont l’examen montre qu’elles ne sont pas efficaces, voire qu’elles sont en fait trompeuses ou nocives.
Ces approches sont à éviter :
- Cigarettes sans tabac (nocivité égale à la cigarette)
- Pailles en acier (aucun effet)
Sources d’information de cet article
Principale source scientifique : Cochrane
Cochrane est une institution internationale qui réalise des méta-analyses. Autrement dit, elle recense les études existantes sur un sujet, en évalue la pertinence, et synthétise les enseignements que l’on peut en déduire, ainsi que le niveau de confiance que l’on peut leur accorder.
- Les gens peuvent-ils arrêter de fumer en réduisant d’abord la quantité qu’ils fument ?
- Les fumeurs peuvent-ils réduire les dommages causés par le tabagisme en fumant moins de cigarettes ou en utilisant des produits de tabac différents ?
- Les produits du tabac chauffés aident-ils les gens à arrêter de fumer, sont-ils sûrs et ont-ils entraîné une baisse du taux de tabagisme ?
- La thérapie de substitution nicotinique (TSN) peut-elle aider les gens à cesser de fumer ?
- Des médicaments tels que la varénicline et la cytisine (agonistes partiels des récepteurs de la nicotine) peuvent-ils aider les gens à arrêter de fumer et provoquent-ils des effets indésirables ?
- Traitements médicamenteux et cigarettes électroniques pour arrêter de fumer pendant la grossesse
- Quelle est l’efficacité des médicaments et des cigarettes électroniques pour arrêter de fumer, et qu’est-ce qui fonctionne le mieux ?
- Les cigarettes électroniques peuvent-elles aider les personnes à arrêter de fumer, et ont-elles des effets indésirables lorsqu’elles sont utilisées à cette fin ?
- Les produits du tabac chauffés aident-ils les gens à arrêter de fumer, sont-ils sûrs et ont-ils entraîné une baisse du taux de tabagisme ?
- Quelle est la meilleure façon d’utiliser les traitements de substitution nicotinique pour arrêter de fumer ?
- Un stimulus désagréable associé au tabagisme aide-t-il à arrêter de fumer ?
- Les interventions visant à améliorer le soutien individuel offert par des partenaires, des membres de la famille ou des « binômes » aident-elles les fumeurs à arrêter de fumer ?
- Le soutien comportemental aide-t-il les gens à arrêter de fumer ?
- La pleine conscience peut-elle aider les gens à arrêter de fumer ?
Sources complémentaires
Stop Tabac.ch
Assurance Maladie (Amelie)
- Arrêt du tabac : quelle prise en charge pour les substituts nicotiniques ?
- Les astuces pour arrêter de fumer et le sevrage
Santé Publique France (Ministère de la santé)
Ministère de la santé Britannique
ANSES
Online Library Wiley
- E-cigarettes versus nicotine replacement treatment as harm reduction interventions for smokers who find quitting difficult: randomized controlled trial
- E-cigarettes versus nicotine replacement treatment as harm reduction interventions for smokers who find quitting difficult: randomized controlled trial
Revue Jama Network
Tabac Info Service
Hospices Civil de Lyon (CHU)
INSERM
- Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose
- Evaluation de l’efficacité de la pratique de l’auriculothérapie
Addiction
Académie nationale de médecine
Articles du blog Youvape
- La cigarette électronique est 4 fois plus efficace que les autres substituts
- Les cigarettes sans tabac et sans nicotine